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Date de création :
12 mai 1982

Dernière mise à jour :
6 décembre 2006

 

 


Catégorie : Histoire des Sciences

Auteur : Emile Pequet

Titre : Heriger de Lobbes (? - 31 octobre 1007)



Heriger est né à Meerbeke, près de Ninove vers l’an 930 (la date précise n’est pas connue). La première fois que son nom apparaît dans un document, c’est en 955 lorsqu’il entre à l’abbaye bénédictine de Lobbes et qu’il y prend la direction de l’ école monastique. Il formera de brillants élèves parmi lesquels les plus connus sont Burchard, futur évêque de Worms, et Olbert, futur abbé de Gembloux.

Ancienne abbaye de Lobbes 
sur la droite, l'église Saint Ursmer
d'après une gravure du XVIIIe s.Si l’abbaye de Lobbes dépend sur le plan spirituel de l’évêque de Cambrai, par contre, sur le plan temporel, elle relève de l’évêque de Liège. C’est à ce titre que Heriger entre en relation avec Notger, évêque de Liège, né vers 930 comme lui, et qui mourra le 10 avril 1008, un an après Heriger. Séduit par ses qualités intellectuelles, Notger attache Heriger à sa personne. Les deux hommes deviennent des amis inséparables. En 989, ils partent ensemble en Italie pour y régler le problème de la succession de l’empereur Otton II.

Tous deux se livrent à des études littéraires communes, à tel point qu’il est parfois difficile aujourd’hui de discerner ce qui est l’œuvre de Notger et ce qui est dû à Heriger.


En 990, Folcuin, abbé de Lobbes meurt. Les moines de l’abbaye s’adressent à leur chef spirituel, Rothard, évêque de Cambrai, et à leur seigneur temporel, Notger, pour demander que Heriger devienne leur nouvel abbé. Ce qui fut fait le 21 décembre 990.

A côté de ses nombreux écrits littéraires, Heriger a consacré une partie de son temps à l’arithmétique. C’est pendant son séjour à Liège qu’il avait eu l’occasion de s’initier à cette science. En effet, arithmétique, géométrie, musique et astronomie - ce qu’on appelait le quadrivium - ne s’enseignaient que dans les écoles cathédrales, tandis que la grammaire, la dialectique et la rhétorique - le trivium - étaient réservés aux écoles collégiales. Sous l’impulsion de Notger,l’école cathédrale de Liège était devenue le foyer le plus ardent de la vie scientifique et littéraire de l’Empire.

Notger était en relation avec Gerbert d’Aurillac, écolâtre de Reims ( futur pape en 999 sous le nom de Sylvestre II. Né en Aquitaine vers 935, mort à Rome le 12 mai 1003 ) avec qui il entretenait une correspondance suivie. C’est à Gerbert que l’on doit, entre autres choses, la vulgarisation en Occident des chiffres arabes. L’absence du zéro ne rendait pas les calculs aisés. Aussi fallait-il utiliser une méthode particulière. C’est cette technique que Gerbert expose dans son traité sur les abaques. Heriger consacra une grande partie de son temps à commenter l’ Abacus de Gerbert et à le rendre plus intelligible : il nous a laissé un texte intitulé Ratio Abaci Secundum Divum Herigerum. Pendant longtemps, on a cru ce document perdu jusqu'à ce qu’on le retrouve dans la Bibliothèque de Leyde, au siècle dernier. Par contre, on n’a toujours pas pu retrouver son autre traité intitulé Regulae numerorum super abacum Gerberti.

Heriger est mort à Lobbes le 31 octobre 1007 et fut inhumé dans la chapelle de Saint Thomas.


Sources bibliographiques
Annales du cercle archéologique de Mons, Les abbés de Lobbes, ( par Théophile Lejeune ), t.II, 1859, pp.199,200 ;
Biographie Nationale, Heriger, ( par G. Kurth ), t. IX, 1886-87, col. 250 ;
Cantor, Vorlesungen uber Geschichte de Mathematik, t.I, s.d., p. 761 ;
Chasles, M., Aperçu historique sur l’origine et le developpement des méthodes en Géométrie, Paris, 1889, p. 507 ;
Fétis, Biographie universelle des musiciens, s.v. Heriger ;
Histoire littéraire de la France, t. VII, p. 206 ;
Ifrah, G., Histoire universelle des chiffres, Seghers, 1981 ;
Koepke, R., Heriger, dans Monumenta Germaniae historica, t. VII ;
Kurth, G., Notice sur un manuscrit d’Heriger et d’ Anselme, dans les Comptes-rendus de la Commission royale d’Histoire, Bruxelles, 1875 ;
Le Paige, C., Notes pour servir à l’histoire des mathématiques dans l’ancien pays de Liège, dans Bull. De l’inst. arch. liég., 1888, t. XXI ;
Omont, H., Opuscules mathématiques de Gerbert et de Heriger de Lobbes, dans Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale et autres bibliothèques, 39 (1909), 4-15 ;
Pirenne, H., Histoire de Belgique, t.I, Bruxelles, 1929, p. 164 ;
Stiennon, J., Une description peu connue de l’Aquitaine par Heriger de Lobbes, A. Midi, LXXII, 51, 1960, p. 273-286 ;
Sylvestre, H., Heriger de Lobbes avait lu Dracontius, Le Moyen Age, LXIX, 1963, pp. 121-127 ;
Van Hemelrycke, A., Heriger de Lobbes, L’Ethnie française, 1968, 1, pp. 25-27 ;
Voss, Lobbes, son abbaye et son chapitre, Louvain, 1865 ;
Wattenbach, Deutschlands Geschichtsquellen in Mittelalter, Berlin, 1885, t.I.

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